Comment notre ego se construit

Comment notre ego se construit il ?

Tout commence à notre naissance, lorsque arrivons sur terre complètement neuf, sans attache, sans idée préconçue, sans jugement et plein d’amour. Nous n’avons qu’une seule envie, aimer et être aimé.
Nous arrivons au monde avec trois outils très précieux pour piloter ce véhicule terrestre, le corps. Ce sont les trois centres : l’instinctif, l’émotionnel et le mental. Chacun a son rôle mais nous y reviendrons.

Mais nous allons devoir nous confronter à un monde jusqu’alors inconnu, le monde matériel. Hélas, il ne fonctionne pas comme nous le pensons. Et nous allons aller de déception en déception. Cela va nous blesser et nous n’allons pas aimer. Il va en découler deux conséquences immédiates. Le dérèglement de nos instincts de survie qui sont les bagages que nous avons apporté et la pré-constrution de notre ego protecteur en choisissant un centre préféré pour fonctionner.

Le sous-type instinctif

Tout d’abord, avant de savoir comment notre ego se construit, il est nécessaire d’examiner les atteintes qui seront faites à nos trois instincts de base, à savoir :

• l’instinct de conservation qui correspond à un besoin de survie seul.
• l’instinct sexuel qui correspond à un besoin de survie de l’espèce.
• l’instinct social qui correspond au besoin de survie du groupe.

Les difficultés rencontrées pour assouvir correctement ces trois impératifs de survie vont apporter des souffrances que nous jugerons inacceptables. Tous les instincts seront affectés et comme nous ne voulons pas souffrir, ils seront dénaturés par des comportements en défaut ou en excès afin de nous adapter au nouveau monde qui nous entoure. Un des trois instincts sera plus particulièrement touché, il deviendra le sous-type instinctif de notre ego qui colorera grandement nos comportements futurs.

La cristallisation dans un centre

Dans un deuxième temps, une blessure insupportable va nous obliger à nous conformer à ce que l’environnement attend de nous, afin de continuer à être aimé, du moins le penserons-nous. Afin de ne pas subir de nouveau cet outrage, nous construirons la première couche de notre armure égotique. C’est la cristallisation dans le centre préféré. C’est le préliminaire qui permet de savoir comment notre ego se construit.

Je vous laisse découvrir cela plus en détail dans cette courte vidéo

Examinons ce qui se passe au niveau des trois centres.
Chaque centre porte en lui une idée supérieure. Si cette idée est battue en brèche par une démonstration du monde extérieur que nous avons tord, nous nous sentirons blessés. Nous construirons des défenses sous forme de comportements compulsifs et de croyances que nous ne remettrons plus en cause. Sauf à travailler spécifiquement dessus.

Voilà donc les trois blessures principales. Elles correspondent aux trois blessures principales parmi les cinq dont parle Lise Burbeau vont se présenter à nous et auxquelles il va falloir faire face. Il faudra trouver une parade. La blessure qui nous fera le plus souffrir nous fera choisir notre centre préféré. C’est celui que nous utiliserons en priorité, de façon automatique pour décider de nos comportements.

Examinons comment la blessure ressentie va influer sur nos choix de vie.

Cristallisation dans le centre instinctif

Si nous avons subi une blessure d’injustice nous déciderons qu’il faut se comporter de manière instinctive pour retrouver ce monde juste et parfait.

Cette blessure aura fait naître une peur, celle d’être puni. De cette peur que nous souhaitons voir s’éloigner naîtra un besoin, celui d’être rassuré et de là un enjeu : garder le contrôle.

Nous nous mettrons alors en quête de sécurité pour répondre à la question comment exister (en sécurité) ? La réponse sera trouvée dans le centre instinctif où nous chercherons une situation similaire dans le passé afin d’en adopter une réponse comportementale similaire.

Hélas, comme la situation aura forcément été différente, la réponse sera souvent inadaptée. De cela naîtra un sentiment de colère caractéristique du centre instinctif en réponse à « Je n’arrive pas à savoir comment m’y prendre ».

Cristallisation dans le centre émotionnel

De la même façon, si nous avons subi une blessure de rejet nous déciderons qu’il faut se comporter de manière émotionnelle pour retrouver ce monde d’amour inconditionnel qui nous manque.

Cette blessure aura fait naître une peur, celle de ne pas être digne d’amour. De cette peur que nous souhaitons voir s’éloigner naîtra un besoin inavoué, celui d’être reconnu et de là un enjeu : être visible.

Nous nous mettrons alors en quête de notre image pour répondre à la question « qui suis-je, comment me voit-on ? » La réponse sera trouvée dans le centre émotionnel en cherchant à comprendre la situation dans le présent et en s’adaptant aux événements, ressentis et émotions.

Hélas, comme les réactions et émotions seront forcément différentes de celles anticipées naîtra un sentiment de tristesse caractéristique du centre émotionnel en réponse à « Je n’arrive pas à savoir qui je suis »

Cristallisation dans le centre mental

Enfin, si nous avons ressenti une blessure de trahison nous déciderons qu’il faut se comporter de manière mentale pour comprendre comment retrouver ce monde sûr et qui a du sens dont nous sommes certain qu’il existe.

Cette blessure fera naître une peur, celle d’être exclu par ceux qui nous trahissent. De cette peur que nous souhaitons voir s’éloigner naîtra un besoin, celui d’être accepté pour ne plus être trahi et de là un enjeu, celui d’avoir un rôle important et non remplaçable.

Nous nous mettrons alors en quête de sens pour répondre à la question « pourquoi suis-je ici ? » La solution sera trouvée dans le centre mental en cherchant à imaginer les différents scénarios pertinents dans le futur qui me permettront de comprendre le sens de ma vie.

Hélas, dans toutes ces projections, beaucoup seront porteuses de scénarios catastrophes qui feront naître un sentiment d’angoisse caractéristique du centre mental en réponse à « Je n’arrive pas à savoir pourquoi j’existe ».

 

Gestion des émotions

Ainsi en fonction du centre préféré dans lequel nous aurons cristallisé, il y aura un sentiment spécifique à maîtriser, une énergie propre à gérer. C’est la deuxième phase qui permet de comprendre comment notre ego se construit.

 Il y a trois façons différentes de gérer cette émotion gênante.

On peut, soit l’exprimer et les autres vont la voir et la subir, soit la garder pour soi en la cachant, mais les autres vont la ressentir ou enfin la refouler, c’est-à-dire ne pas en avoir conscience, mais elle restera sous-jacente même si les autres ne la soupçonnent pas.

Trois émotions par trois façons de la gérer, cela nous donne 9 profils différents. Ce sont les neuf profils de motivation de l’ennéagramme. Il s’agit du point charnière pour comprendre comment notre ego se construit.

 

Cristallisation sur un point

Mais pourquoi avoir choisi telle ou telle manière de gérer l’émotion ?
Cela dépendra de comment la blessure initiale dans le centre aura été interprétée. Il y aura trois façons différentes de vivre cette blessure. Elle prendra alors une coloration particulière pour la personne. Par exemple une atteinte ressentie comme une injustice, sera interprétée comme de l’humiliation par un ennéatype un. Pour un neuf qui a aussi ressenti une atteinte qu’il a trouvé injuste, il s’est senti ignoré et son existence niée. Pour le huit, c’est son environnement qu’il a ressenti injuste et il s’est senti injustement bridé dans ses possibilités d’évolution, privé de quelque chose que serait dû.

Il y a donc trois façons d’interpréter la blessure ressenti dans le centre, trois manières qui conduiront à choisir le mode d’évacuation du sentiment insupportable du centre.

Si la blessure a été vécue comme une atteinte à sa personne, l’émotion sera intériorisée. Si elle a été vécue comme provenant d’une menace externe, l’émotion sera extériorisée, comme en représailles. Enfin, si la blessure est vécue comme une négation de sa personne, l’émotion sera refoulé, niée comme si elle n’existait pas.

C’est ainsi que l’ego, après avoir choisi un centre préféré, va se figer sur un des neuf points de l’ennéagramme.

Comment l’ego se construit

De cette cristallisation naîtra une FIXATION, c’est-à-dire une idée figée dans le centre mental qui ne sera plus remise en cause par la suite, sauf par un travail d’introspection de son fonctionnement égotique. Pour évoluer, il faudra lâcher prise de cette idée. Ce n’est pas pour rien que cette idée s’appelle une fixation.
Cette idée de base sur laquelle l’ego va se fixer c’est la réponse à la question :
« Que faut-il pour être heureux et aimé dans la vie ? ». Chaque point de l’ennéagramme trouvera alors une réponse spécifique en fonction de la blessure qu’il aura ressentie et de la réponse émotionnelle qui lui apportera.

Suite à cette réponse une QUÊTE sera induite afin de savoir ce qu’il me faut-il pour satisfaire ma fixation.

Suite à cette quête, une ORIENTATION sera établie afin de définir ce qui caractérise ma quête. Que me faut-il pour  mener ma quête à bien ?

Afin de suivre l’orientation sans avoir à y penser un mécanisme automatique sera mis en place, le MÉCANISME ASSERTIF. Il mettra l’orientation en action.

Le but du mécanisme assertif est de me permettre de ne pas me confronter à ce qui serait néfaste à l’atteinte de l’objectif de ma quête, c’est-à-dire ma fixation. C’est mon ÉVITEMENT COMPULSIF. Il est compulsif car automatique, inconscient et incontrôlé.

Si tout se passe comme mon ego le souhaite et que je réussis à contourner ce que je cherche à éviter, tout va bien pour mon ego et il renforce sa FIERTÉ.

Comportement sous stress

Par contre si mon ego se trouve malgré tout confronter à mon évitement, il passe sous stress et déclenche le MÉCANISME DÉFENSIF. « Comment est-ce que je réagis quand ça ne se passe pas comme je voudrais ? »

Lorsque le stress se manifeste suite à l’apparition de cette frustration, une émotion négative incontrôlable va naître, ma PASSION que mon mécanisme de défense utilisera comme moteur.

• Cette passion sera à l’origine d’une PEUR puis d’un DÉSIR afin de fuir ce qui fait peur.

Voilà donc comment notre ego se construit, pas à pas d’une façon logique pour nous éviter de souffrir.

cristallisation ego

Intégration - désintégration

Il y a neuf degrés dans le couple peur/désir, groupés en trois niveaux selon le degré d’intégration/désintégration de la personne.
La plupart des gens ont leur ego positionné sur un niveau moyen. Ceux qui ont travaillé pour se comprendre et faire évoluer leur personnalité s’intégreront avec plus ou moins de succès vers un des trois niveaux épanouis. A l’opposé, ceux qui s’enfermeront dans les travers de leur ego se désintégreront vers les niveaux pathologiques, jusqu’aux psychoses dans les cas extrêmes.

Nous reviendrons sur cet aspect crucial dans un prochain développement.

Finalement un couple peur/désir va stabiliser provisoirement l’individu à un certain niveau d’intégration/désintégration qui poursuivra sa quête en activant de nouveau son mécanisme assertif. C’est la phase ultime pour comprendre comment notre ego se construit.

Voilà donc comment notre ego se construit et comment il fonctionne ne permanence à notre insu. Si nous ne travaillons pas à lui redonner la place qu’il doit occuper qui consiste à nous faire survivre, alors qu’il s’est octroyer le droit de nous dicter comment vivre.

Le processus égotique du un

Nous examinerons dans un futur article comment sortir des compulsions dans lesquelles notre ego nous a enfermé.

À propos Eric

Boulimique de la vie, énormément de choses m’intéressent. Mais aujourd’hui, ma passion, c’est d’étudier le fonctionnement des systèmes complexes. Et le plus abouti, le plus beau, c’est la vie ! Mon chemin de vie est de transmettre, sans retenue, toute la connaissance que j’ai accumulée, afin que chacun puisse réussir tous ses projets et vivre pleinement le bonheur d’exister.

Laisser un commentaire